Qu’est-ce que la CFE (Cotisation Foncière des Entreprises) ? Tout comprendre pour 2025 sur cette taxe
La CFE (cotisation foncière des entreprises) est un impôt local dû par toute activité professionnelle, habituelle et non salariée au 1er janvier : sociétés, indépendants, micro-entrepreneurs, professions libérale, LMNP…
On se préoccupe rarement de la CFE jusqu’au moment où l’avis tombe en fin d’année, c’est à dire fin octobre début novembre. Entre valeur locative, base minimum et taux votés par chaque commune, le montant peut varier fortement d’une commune à l’autre. En 2025, les bases minimales ont été revalorisées et certaines collectivités ont ajusté leurs délibérations , ce qui peut avoir un impact direct sur votre trésorerie (acompte de juin pour les cotisations importants et un solde en décembre).
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) est une taxe locale due par les entreprises et travailleurs indépendants. Cette imposition concerne toutes les entreprises qui exercent une activité professionnelle non salariée au 1er janvier. Dans cet article, découvrez tout sur la CFE et ce que vous devez savoir sur la CFE en 2025.
Vais-je payer plus ? Ai-je oublié une exonération ? Voici comment comprendre et maîtriser votre CFE 2025.
Qu’est-ce que la cotisation foncière des entreprises (CFE) ?
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) est un impôt local dû par toutes les entreprises et les entrepreneurs individuels exerçant une activité professionnelle non salariée au 1er janvier de l’année.
Elle fait partie, avec la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), de la contribution économique territoriale (CET).
Cette cotisation est calculée à partir de la valeur locative des biens immobiliers utilisés pour l’activité, qu’il s’agisse d’un local professionnel ou d’un simple bureau à domicile.
Qui doit payer l’avis de CFE ?
En principe, toutes les entreprises sont redevables de la CFE dès leur création d’entreprise, sauf cas particuliers.
Cependant, certaines activités peuvent bénéficier des exonérations de CFE, temporairement ou définitivement, selon la nature de l’activité ou la localisation (zones franches, ZRR, etc.).
Ainsi, ne pas devoir payer la CFE est possible dans certaines situations prévues par la loi.
Pour rappel, la CFE est due par les entreprises implantées sur le territoire français, qu’elles soient individuelles ou sociétaires. Elle fait partie de la contribution économique territoriale (CET), au même titre que la CVAE. Cette taxe est une imposition à la CFE qui concerne les entreprises comme les artisans, commerçants ou prestataires de services.
Les entreprises dont le chiffre d’affaires est faible peuvent parfois bénéficier d’une exonération de la CFE.
Voici quelques cas concrets:
- Sans local / à domicile : CFE sur base minimum (environ 200 ou 300 euros) .
- Domiciliation : la commune de l’établissement (siège/établissement principal) fait foi, pas le lieu d’intervention.
- Saisonnier : certaines activités voient la base ajustée en fonction de la durée d’ouverture.
Point réforme : la CVAE est en extinction progressive ; la CFE reste due et s’additionne, au sein de la CET, avec un plafonnement global sur la valeur ajoutée.
Remarque importante
L’avis CFE 2025 est uniquement en ligne dans l’Espace Professionnel impots.gouv.fr (rubrique CFE > Avis). Aucun envoi papier n’est réalisée par l’administration fiscale. Il convient donc de vérifier que vous avez crée votre compte impôt.gouv pro avant la période fatidique!
Comment est calculée la CFE ? (calcul du montant de la cotisation foncière des entreprises)
La CFE est calculée à partir de la base d’imposition de la CFE, déterminée selon la valeur locative des biens passibles de la taxe foncière utilisés pour l’activité professionnelle.
La base d’imposition à la CFE est ensuite multipliée par le taux voté par la commune. Dans certains cas, la CFE est majorée d’une taxe additionnelle pour frais de gestion, et le montant de votre cotisation dépend de la commune où vous exercez.
Le montant de votre CFE varie également selon la valeur locative et le calcul de la taxe foncière applicable. La CFE se calcule chaque année sur la base de la situation au 1er janvier, et la CFE est établie pour l’année entière, même en cas de cessation d’activité.
Le calcul de la CFE repose sur la valeur locative des biens imposables.
Une cotisation minimale est toutefois prévue pour les entreprises ne disposant pas de locaux professionnels, dont le montant varie selon la commune. Le montant de la CFE due dépend donc de la commune d’implantation et de la valeur ajoutée des entreprises.
Voici la formule de calcul de la CFE :
CFE = (Base d’imposition) × (Taux communal + taxes additionnelles)
- Base d’imposition : en principe la valeur locative des locaux (référence N-2). S’il n’y a pas de locaux (ou VL faible), la commune applique une base minimum selon votre CA N-2.
- Taux : voté par votre commune/EPCI (diffère d’une ville à l’autre).
- Base minimum (2025) : fourchettes légales par tranches de CA ; chaque commune choisit un montant dans l’intervalle (d’où les écarts).
Voici trois cas clients anonymisés:
- Micro entreprise sans local (CA 28 k€). Commune avec base minimum fixée à 900 € et taux global 30 %.
CFE ≈ 900 × 30 % = 270 €.
Profil « prestataire solo à domicile » ; la variabilité vient surtout du choix communal sur la base minimum. - TPE avec boutique (VL 15 000 €). Taux global 28 %.
CFE ≈ 15 000 × 28 % = 4 200 €.
Le levier n°1 reste la valeur locative (surface, nature des locaux, emplacement). - Deux établissements : siège à domicile (base minimum 600 €, taux 25 %) = 150 € ; boutique secondaire (VL 10 000 €, taux 28 %) = 2 800 € → Total ≈ 2 950 €.
Chaque commune calcule sa part ; la base minimum ne s’applique qu’à l’établissement principal.
Points de vigilance:
Certaines erreurs peuvent avoir un fort impact économique:
• m²/valeur locative surévalués (surface mal déclarée, changement non signalé)
• Activité/NAF inexacte (impacte les taxes CCI/CMA)
• Mauvaise commune (adresse d’établissement erronée)
Exonération de CFE : les exonérations et cas particuliers d’imposition en 2025
Certaines entreprises bénéficient d’une exonération de CFE temporaire ou permanente. Par exemple, les entreprises nouvellement créées peuvent obtenir une exonération totale de la CFE pour leur première année d’activité.
Les entreprises implantées dans des zones prioritaires, ou les artisans sans salarié, sont souvent exonérés ou bénéficient d’une exonération totale de CFE.
Les exonérations de CFE varient selon la nature de l’activité et la localisation. Être soumis à la taxe foncière n’exclut pas forcément une exonération de la CFE.
Vous êtes peut-être passé à côté d’un allègement. Voici les profils souvent oubliés (conditions et/ou délibérations locales à vérifier) :
- Création : exonération l’année 1 + réduction de 50 % l’année 2 (automatique).
- Très faible activité : CA annuel ≤ 5 000 € → pas de cotisation minimum.
- Artisans (travail manuel prépondérant, faible spéculation, équipe restreinte) : allègements possibles ; ex. cordonnier, menuisier seul, coiffeur à domicile.
- Auteurs et artistes-auteurs (dont photographes auteurs, écrivains, compositeurs) : régimes d’exonération spécifiques.
- Exploitants agricoles et activités étroitement liées à l’agriculture : exonérations de plein droit.
- Jeunes Entreprises Innovantes (JEI), entreprises nouvelles, reprises : exonérations sur délibération (durée/conditions variables).
- Localisation : exonérations temporaires/partielles selon la zone (ZFRR ex-ZRR, QPV/ZFU-TE, BER, régime Corse…), le tout dépendant de la délibération de la commune/EPCI.
- Saisonnier : proratisation possible de la base selon la durée d’activité.
- Professions de santé s’installant dans certaines zones déficitaires : exonérations locales possibles.
Bon à savoir
Ces dispositifs se cumulent parfois, mais pas toujours. Le lieu d’implantation et la délibération 2025 de votre commune sont déterminants.
Exemples :
- Artisan seul à domicile : souvent imposé à la base minimum ; allègement possible via le statut artisanal (selon critères).
- Photographe auteur : exonération spécifique, sous réserve du cadre « artiste-auteur ».
- JEI en zone rurale prioritaire : exonération possible si la collectivité l’a votée.
Échéances et paiement de la CFE : comment payer la cotisation foncière des entreprises
La CFE est due chaque année, avant le 15 décembre. Le paiement de la CFE peut être effectué par prélèvement mensuel ou en un seul versement par télépaiement.
La CFE doit être réglée via l’espace professionnel en ligne, et la CFE pour l’année en cours est calculée en fonction des éléments déclarés l’année précédente.
La CFE de l’année précédente sert souvent de base pour ajuster le montant de votre CFE durant l’année en cours.
Le montant de la CFE varie selon les communes : dans certaines zones, la CFE est majorée pour tenir compte des spécificités locales.
Repères 2025
• Acompte CFE (si CFE N-1 ≥ 3 000 €) : lundi 16 juin 2025
• Solde CFE : lundi 15 décembre 2025
• Paiement : 100 % dématérialisé via télépaiement ou via mandat de prélèvement
Concrètement, pour payer sans vous tromper
- Connectez-vous à impots.gouv.fr > Espace Professionnel.
- Compte fiscal > CFE > Avis : ouvrez l’avis 2025.
- Cliquez sur Payer :
- Prélèvement à l’échéance (à privilégier si vous validez avant le 30 novembre 2025), ou
- Paiement en ligne (télépaiement) si vous intervenez après le 30 novembre ou si vous préférez ce mode de réglement.
- Vérifiez le RIB enregistré, la référence de l’avis et la date d’échéance affichée.
- Téléchargez le PDF et archivez-le.
En pratique
Mensualisation : adhérez dès janvier-février pour lisser l’année (10 prélèvements de janv. à oct.). Adhésion en cours d’année possible, mais lissage moins confortable.
Vous pouvez adhérer au prélèvement à l’échéance par mandat de prélèvement SEPA afin de ne pas oublier de payer chaque année!
Démarches pratiques et vérifications utiles : déclarer la CFE et suivre son avis de cotisation
Lors de la création de votre entreprise, vous devez transmettre une déclaration initiale de CFE, formulaire 1447-C (ou déclaration initiale de cotisation foncière) avant le 31 décembre de la première année d’activité.
Cette démarche permet à l’administration de déterminer votre imposition de la CFE et d’établir le montant pour les années suivantes.
Les entreprises soumises à la CFE doivent aussi déposer chaque année une déclaration de CFE, notamment en cas de changement d’adresse ou d’activité, via le formulaire 1447-M.
Ici, on parle de contrôles qui changent le montant ou évitent une relance non désirée.
Accéder à l’avis & paramétrer le paiement Espace Pro > CFE > Avis > Télécharger.
- Bouton Payer : choisissez prélèvement à l’échéance (ou validez la mensualisation si activable).
- Notez le montant, la commune et la référence (à reporter dans votre suivi de trésorerie).
Vérifications à fort impact financier à réaliser:
- Adresse/commune d’imposition : un siège mal domicilié = mauvaise commune = taux/taxe différents.
→ Action : corriger l’adresse de l’établissement. - Nature d’activité (NAF/Ape) : conditionne les taxes CCI/CMA.
→ Action : mettre en cohérence avec l’activité réelle. - Locaux & m² : déménagement, agrandissement, sous-location non déclarés = valeur locative mal calibrée.
→ Action : mettez à jour via la 1447-M-SD (modifications) et joignez un plan/surface. - Base minimum & tranche de CA N-2 : si le CA retenu vous place dans la mauvaise tranche, la base minimum peut être trop élevée.
→ Action : faites rectifier (justificatifs comptables). - Exonérations : création, JEI, zones, artisan, auteur…
→ Action : demandez l’application (ou confirmez la délibération locale).
Comment corriger une erreur :
- Via la Messagerie sécurisée (Espace Pro) : objet « CFE – correction éléments imposables » ; joignez extrait Kbis, bail/attestation de surface, tableau CA N-2, mentionnez l’établissement concerné et ce que vous demandez.
- Formulaire 1447-M-SD : à déposer en cas de changement (surface, cessation partielle, transfert…).
- Délais : plus vous intervenez tôt, plus la correction est prise en compte avant l’échéance (sinon régularisation ultérieure, dégrèvement possible).
Point de vigilance:
Un acompte est dû en juin si votre CFE N-1 ≥ 3 000 € et que vous n’êtes pas mensualisé. Veillez à anticiper et noter cette charge dans votre plan de trésorerie.
Sanctions et conséquences en cas de retard ou défaut de paiement
Les pénalités pour retard existent (majorations + intérêts). Elles restent rares chez les entreprises organisées, mais un simple oubli peut coûter cher, surtout avec les relances automatiques.
Un coût discret mais bien réel : sans mensualisation, la CFE arrive en plein mois de décembre, en même temps que les autres charges de fin d’année. Pour un commerce de proximité, cela peut sérieusement peser sur la trésorerie. La solution ? Mettre en place la mensualisation dès que possible et planifier ces sorties dans votre prévisionnel.
A retenir :
La taxe foncière est un impôt local distinct de la CFE, mais les biens passibles de taxe foncière servent de base pour le calcul de la CFE. Les entreprises qui exercent une activité professionnelle sont soumises à la CFE dès lors qu’elles occupent des locaux passibles de la taxe foncière.
La CFE est majorée dans certaines communes pour financer des services économiques locaux.
Enfin, la CFE concerne principalement les entreprises et travailleurs indépendants exerçant de manière habituelle une activité non salariée.
Votre expert-comptable peut vous informer des dates des diverses échéances déclaratives fiscales et sociales. Contacter notre cabinet comptable afin de discuter de la mise en place de votre calendrier professionnel.
FAQ – CFE 2025 : les points essentiels pour les entreprises concernées
Je n’ai pas de local professionnel : dois-je devoir payer la CFE ?
Oui ! Lorsque l’activité est exercée à domicile, la CFE repose sur une base d’imposition minimum. Son montant varie selon votre chiffre d’affaires de l’année N-2 et le barème communal en vigueur. Chaque commune fixe en effet une grille de cotisation adaptée à la taille et au profil des entreprises locales. Cette règle s’applique même sans local dédié à l’activité.
Je cesse mon activité en cours d’année : suis-je encore redevable de la cotisation foncière ?
Si votre entreprise existait au 1er janvier, la CFE de l’année reste due, même si vous cessez l’activité ensuite.
Certains cas spécifiques, comme les activités saisonnières ou les transferts de locaux, doivent être signalés sans délai à votre Service des impôts des entreprises.
Mensualisation du paiement de la CFE : jusqu’à quand payer sa taxe foncière des entreprises ?
La mensualisation permet d’éviter le choc de trésorerie de décembre.
Mieux vaut y adhérer dès janvier, pour répartir le paiement de la CFE sur 10 mois.
Si vous rejoignez le dispositif en cours d’année, les prélèvements seront simplement ajustés pour lisser la somme sur la période restante.
Acompte de juin : suis-je concerné par le paiement de la cotisation foncière ?
Si votre CFE de l’année précédente atteint ou dépasse 3 000 €, vous êtes concerné par le paiement d’un acompte en juin, sauf si vous avez opté pour la mensualisation.
Cet acompte correspond à 50 % du montant dû, le solde étant réglé en décembre avec l’avis définitif.
Je peux plafonner ma contribution économique territoriale (CET) : comment faire ?
Vous pouvez plafonner votre contribution économique territoriale (CET) si le total de votre CFE (et de l’ex-CVAE, si applicable) dépasse un seuil calculé en fonction de votre valeur ajoutée.
Ce dispositif permet d’éviter qu’une entreprise à forte base foncière mais à faible rentabilité ne soit trop lourdement imposée.
La demande de plafonnement doit être formulée auprès de votre Service des impôts des entreprises (SIE) dans les délais impartis.
CFE, taxe foncière et contribution foncière des entreprises : quelles différences ?
On confond souvent la CFE avec la taxe foncière, pourtant leur logique est différente.
La taxe foncière est un impôt payé par le propriétaire du bien immobilier, alors que la CFE est une cotisation due par les entreprises qui exercent une activité dans ce bien, même si elles n’en sont pas propriétaires.
Les deux impôts s’appuient sur la même valeur locative, mais ne concernent pas les mêmes contribuables.
Enfin, la CFE constitue l’un des deux volets de la contribution économique territoriale (CET), aux côtés de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE).
Comment payer la CFE en 2025 ?
Le paiement de la CFE s’effectue uniquement en ligne, sur le site impots.gouv.fr.
Les entreprises peuvent payer la CFE par prélèvement mensuel, par acompte, ou en un seul versement avant la date limite fixée en décembre.
Il est conseillé de vérifier son avis de CFE chaque année dans l’espace professionnel.
Quel est le montant de la CFE à payer ?
Le montant de la CFE dépend de la valeur locative des biens utilisés pour l’activité (locaux, bureaux, entrepôts, etc.) et du taux voté par la commune.
Une cotisation minimale s’applique également pour les entreprises sans local.
Chaque montant de la cotisation figure sur l’avis de CFE disponible en ligne.
Quelles sont les exonérations de CFE possibles ?
Les exonérations de CFE peuvent concerner certaines entreprises nouvelles, les artisans sans salarié, ou celles situées dans des zones spécifiques (ZRR, ZFU, etc.).
Être exonéré de la CFE dépend du type d’activité, de la localisation et parfois du chiffre d’affaires.
Les exonérations de CFE sont automatiques dans certains cas, mais doivent parfois être demandées au Service des impôts des entreprises (SIE).


