Contribution Exceptionnelle sur les Hauts Revenus (CDHR) 2025

Contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CDHR) : ce que prévoit la loi de finances 2025

La loi de finances pour 2025 introduit une nouvelle contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR). Son objectif est de garantir qu’un taux d’imposition minimal de 20 % s’applique aux revenus perçus en 2025.
Concrètement, cette contribution sur les hauts revenus représente l’écart positif entre ce taux de 20 % — calculé sur le revenu fiscal de référence ajusté — et le total de l’impôt sur le revenu déjà acquitté, auquel s’ajoutent la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) et les prélèvements libératoires payés au titre de l’année 2025.

À noter : La CDHR s’appliquera uniquement sur les revenus 2025. Son calcul définitif n’interviendra qu’au cours du second semestre 2026. Toutefois, un acompte obligatoire, fixé à 95 % du montant estimé de la contribution, devra être versé dès décembre 2025.

Qui est concerné par la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus en 2025 ?

Quels contribuables dépassent le seuil de revenu fiscal de référence ?

Sont visés les contribuables dont le revenu fiscal de référence (RFR) ajusté dépasse, pour 2025, 250 000 € lorsqu’ils sont imposés seuls, ou 500 000 € lorsqu’ils déclarent en commun.

Un dispositif de lissage évite toutefois les effets de seuil lorsque le RFR ajusté se situe dans les zones suivantes :

  • entre 250 000 € et 330 000 € pour les personnes célibataires, veuves, séparées ou divorcées ;
  • entre 500 000 € et 660 000 € pour les foyers soumis à une imposition commune.

Dans ces situations intermédiaires, le montant calculé sur la base de 20 % du RFR ajusté est réduit d’une somme correspondant :

  • à 20 % du RFR ajusté,
  • et à 82,5 % de la fraction du RFR ajusté excédant 250 000 € ou 500 000 €, selon la situation familiale du foyer.

Comment est déterminé le revenu fiscal de référence ajusté ?

Le revenu fiscal de référence ajusté (RFR ajusté) est obtenu en appliquant plusieurs corrections au revenu fiscal de référence figurant sur l’avis d’imposition.
Il intègre notamment :

  • certains abattements spécifiques liés aux plus-values mobilières ou immobilières,
  • les réductions de base applicables à la cession de titres pour les dirigeants partant à la retraite,
  • l’abattement de 40 % sur les dividendes lorsque ceux-ci relèvent du barème progressif,
  • ainsi que les revenus soumis à des prélèvements libératoires, réintégrés pour les besoins du calcul.

Ces ajustements permettent d’obtenir une base homogène, représentative de la capacité contributive réelle du foyer, et utilisée pour déterminer l’entrée dans le champ de la contribution exceptionnelle ou de la CDHR.

Quels revenus sont pris en compte dans cette imposition fiscale (et lesquels sont exclus) ?

Les revenus imposables intégrés dans le calcul de la contribution

La CDHR repose sur un revenu fiscal de référence ajusté, obtenu à partir du RFR habituel après différentes corrections fiscales.
Ce RFR ajusté sert à la fois à déterminer si le foyer fiscal dépasse les seuils d’imposition et à établir la base exacte de la contribution.

Parmi les éléments retenus figurent notamment les revenus soumis à l’impôt sur le revenu, ainsi que ceux taxés via des prélèvements libératoires, qui sont réintégrés pour le calcul.
Sont également pris en compte les revenus distribués soumis au barème progressif, après application éventuelle de l’abattement de 40 %.

Les revenus exceptionnels et les corrections appliquées

Certains mécanismes d’abattement ou d’ajustement influencent le montant du RFR ajusté.
Le revenu fiscal peut ainsi être diminué de l’abattement fixe de 500 000 € pour les dirigeants cédant leurs titres dans le cadre d’un départ en retraite, ou de l’abattement proportionnel de 40 % sur les dividendes optant pour le barème.

À l’inverse, d’autres abattements ne sont pas pris en compte pour apprécier le franchissement des seuils (250 000 € pour une personne seule et 500 000 € pour un couple).
C’est le cas notamment de l’abattement de 85 % pour la cession de titres d’une PME de moins de 10 ans, ainsi que des abattements de 50 % ou 65 % de droit commun : ils ne sont pas déduits pour déterminer si le contribuable entre dans le champ de la contribution.

Concernant les opérations d’apport-cession, les plus-values mises en report ne sont pas intégrées dans le RFR de l’année de l’échange, mais uniquement dans celui de l’année où le report devient imposable.

Les revenus dits exceptionnels, par nature non récurrents, ne sont retenus qu’à hauteur de 25 % de leur montant net imposable, lorsque leur montant dépasse la moyenne des revenus des trois dernières années.

Les revenus exclus : exonérations, abattements et cas particuliers (RFR, dirigeants, PFU)

Plusieurs catégories de revenus ou mécanismes fiscaux sont explicitement exclus du calcul du RFR ajusté :

  • les abattements spécifiques liés à certaines plus-values (85 %, 50 %, 65 %) lorsqu’ils servent uniquement à apprécier le franchissement des seuils ;
  • les plus-values en report d’imposition, tant qu’elles ne deviennent pas fiscalement exigibles ;
  • les revenus exceptionnellement perçus, qui ne sont pris en compte qu’après application d’une décote à hauteur de 25 %.

De même, les revenus soumis au PFU ne sont réintégrés que dans la mesure prévue par les règles de la CDHR, afin de garantir une lecture cohérente de la capacité contributive réelle du foyer.

Ce traitement différencié permet de neutraliser les revenus irréguliers ou bénéficiant d’abattements spécifiques, et d’assurer une base de calcul plus représentative pour la contribution.

Contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) : comment atteindre le seuil de taux minimum de 20 % ?

Calcul du taux d’imposition minimal de 20 %

Pour vérifier si le taux minimal d’imposition de 20 % est atteint, plusieurs éléments fiscaux doivent être additionnés.
L’assiette retenue comprend :

  • l’impôt sur le revenu, recalculé après ajustements ;
  • la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) ;
  • les prélèvements libératoires opérés sur certains produits financiers (bons ou contrats de capitalisation, produits d’épargne solidaire, etc.) ;
  • ainsi qu’une majoration liée aux personnes à charge : 1 500 € par enfant ou personne rattachée, et 12 500 € pour les foyers soumis à une imposition commune.

L’impôt sur le revenu doit ensuite être corrigé pour réintégrer l’avantage procuré par certaines réductions et crédits d’impôt.
Sont concernés notamment :

  • les dispositifs Pinel,
  • les avantages liés aux souscriptions au capital de PME,
  • les réductions pour dépenses dans les secteurs sauvegardés,
  • ainsi que les crédits d’impôt ouverts dans le cadre de conventions fiscales internationales.

Ces réintégrations permettent de restituer le niveau réel d’imposition avant avantages fiscaux et d’apprécier si le seuil de 20 % est atteint.

Interaction entre CDHR, impôt sur le revenu et CEHR

La CDHR se calcule à partir du taux global obtenu après addition de l’impôt sur le revenu ajusté, de la CEHR et des prélèvements libératoires.
Si la somme de ces impositions reste inférieure à 20 % du revenu fiscal de référence ajusté, la CDHR vient combler la différence.

Autrement dit, la CDHR constitue un complément d’imposition visant à garantir qu’un contribuable à hauts revenus ne bénéficie pas, via certains régimes d’abattement, de réductions ou d’impositions séparées, d’un taux effectif inférieur au minimum fixé.

Certaines réductions ne sont toutefois pas réintégrées dans ce calcul :

  • la réduction d’impôt pour dons aux associations ;
  • le crédit d’impôt pour emploi d’un salarié à domicile.

Ces expurgations ont pour conséquence de priver le contribuable bénéficiaire de ces avantages d’une économie d’impôt dans le calcul de la CDHR.

Les situations où la contribution est due malgré un PFU ou des prélèvements libératoires

Même lorsque des revenus ont déjà été soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) ou à des prélèvements libératoires, la CDHR peut rester due si le taux d’imposition global demeure inférieur à 20 %.

Les revenus taxés à la source peuvent, en effet, conduire à un taux effectif d’imposition inférieur au seuil, notamment lorsque :

  • une partie importante des revenus provient de produits de placement soumis à un prélèvement libératoire ;
  • l’application du PFU entraîne un taux effectif inférieur au barème ;
  • des réductions et crédits d’impôt viennent diminuer l’impôt dû, nécessitant leur réintégration dans le calcul.

Dans ces situations, la CDHR intervient pour rétablir un niveau d’imposition minimal cohérent avec la capacité contributive du foyer, même en présence de régimes fiscaux dérogatoires.

Une contribution due même après le PFU : revenus exceptionnels et imposition complémentaire

Pourquoi le PFU ne suffit pas à atteindre le taux d’imposition requis

Les revenus soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), comme les dividendes ou certains produits financiers, supportent un taux global d’imposition de 12,8 %.
Or, les prélèvements sociaux de 17,2 % appliqués en parallèle ne sont pas intégrés dans le calcul du taux minimal de 20 % exigé pour la CDHR.

Ainsi, un contribuable qui ne perçoit que des revenus taxés au PFU ne supporte que 12,8 % d’impôt sur le revenu, ce qui est inférieur au seuil requis.
Dans ce cas, il devra donc verser une contribution supplémentaire, correspondant à la différence entre ces 12,8 % et le taux minimal de 20 % retenu pour les hauts revenus.

Revenus mobiliers, plus-values et distributions soumis à la contribution

La CDHR a pour objectif de garantir un niveau minimal d’imposition sur l’ensemble des revenus, y compris ceux imposés séparément.
Sont notamment concernés :

  • les revenus mobiliers soumis au PFU ou à un prélèvement libératoire ;
  • les plus-values imposées forfaitairement ;
  • les distributions de revenus ou de bénéfices taxées hors barème.

Lorsque l’imposition totale, après ajustements, reste inférieure à 20 % du RFR ajusté, la CDHR s’applique automatiquement pour atteindre ce seuil.
La contribution correspond donc à la différence entre l’imposition recalculée et le taux minimal obligatoire.

Comment éviter une imposition complémentaire imprévue ?

La CDHR étant calculée sur l’ensemble des revenus 2025, son montant définitif sera établi par l’administration fiscale lors de la déclaration déposée en juin 2026.
Pour anticiper une éventuelle imposition complémentaire, il est important de :

  • analyser en amont la part des revenus soumis au PFU ou à des prélèvements libératoires ;
  • intégrer l’impact des différents abattements et réductions, dont certains sont réintégrés pour le calcul de la CDHR ;
  • simuler le taux effectif d’imposition afin d’identifier un risque de contribution supplémentaire.

Une projection fiscale préalable permet ainsi de limiter les mauvaises surprises et d’ajuster, si nécessaire, la stratégie de rémunération ou de distribution.

Acompte obligatoire : règles, échéances et pénalités en cas de défaut de paiement de la taxe

Comment est calculé l’acompte de la contribution ?

Les contribuables susceptibles d’être redevables de la CDHR devront verser un acompte obligatoire représentant 95 % du montant estimé de la contribution.
Cet acompte sera calculé sur la base des revenus réellement perçus entre le 1er janvier et le 30 novembre 2025, complétés d’une estimation des revenus du mois de décembre 2025.

L’objectif est d’assurer un paiement anticipé suffisamment proche du montant définitif, qui sera, lui, déterminé lors de la déclaration des revenus déposée en juin 2026.

Le calendrier fiscal applicable aux foyers concernés par cette loi

L’acompte devra être réglé entre le 1er et le 15 décembre 2025.
Pour faciliter cette démarche, l’administration fiscale prévoit de mettre à disposition un outil d’aide au calcul permettant d’estimer le montant dû.
Selon les informations communiquées par la Direction générale des Finances publiques, cet outil devrait être disponible à la mi-novembre 2025 sur le site impots.gouv.fr.

Ce calendrier contraint impose donc aux contribuables d’évaluer rapidement leurs revenus pour anticiper le paiement.

Les pénalités prévues en cas de manquement ou retard

En cas de défaut de paiement de l’acompte dans les délais impartis, le contribuable s’expose aux pénalités habituelles applicables aux impôts recouvrés par voie de rôle :

  • intérêts de retard,
  • majorations en cas de non-déclaration ou paiement tardif,
  • et éventuellement sanctions supplémentaires si l’omission est répétée ou volontaire.

Le respect du calendrier de décembre 2025 est donc essentiel pour éviter tout surcoût fiscal.

Un accompagnement personnalisé pour mieux anticiper la CDHR

La CDHR ajoute une couche supplémentaire de complexité dans la fiscalité des hauts revenus, et son impact peut varier fortement d’un foyer à l’autre. Entre les ajustements du RFR, les revenus soumis au PFU, les abattements spécifiques et l’acompte de décembre 2025, il est souvent difficile d’y voir clair sans un accompagnement personnalisé.

Dans cette période de transition fiscale, prendre le temps d’échanger avec un professionnel peut réellement sécuriser vos décisions.
Si vous avez besoin d’un avis, d’une simulation ou simplement d’explications adaptées à votre situation, notre cabinet d’expertise comptable reste à votre disposition, avec la même démarche : proximité, clarté et accompagnement concret.

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